Comment la psychologie énergétique retraite t-elle les traumas

Les croyances fondamentales et les modèles mentaux formés lors de moments émotionnels forts pendant ou après l’enfance « sont figés dans le cerveau par des synapses incroyablement durables » qui subsistent normalement pendant le reste de la vie d’une personne. Les recherches menées en neurosciences depuis 2004 ont cependant montré qu’il était possible – en donnant lieu à une certaine suite d’expériences – d’activer des apprentissages émotionnels précis et de déverrouiller chimiquement leurs synapses « pour une dissolution rapide de ces apprentissages à leur racine émotionnelle et neuronale ». C’est justement ce que permettent les protocoles de la psychologie énergétiques. Cet article est issu d’une étude réalisée par David Feinstein, Ph.D.[1] qui nous a aimablement autorisé sa traduction et sa publication. Vous pourrez lire l’intégralité de cet article dans le numéro 8 de la revue Santé, Science et Conscience qui sort le 10 décembre 2016[2].

A travers ce processus de « dépotentiation » (désactivation au niveau synaptique) des voies neuronales contenant les apprentissages émotionnels à la base des problèmes psychologiques, des symptômes graves et persistants peuvent disparaître parce que leur base même a été supprimée. Lorsque les synapses sont temporairement déverrouillées sous l’ensemble précis de conditions décrites dans cet article, les voies neuronales maintenant les vieux apprentissages émotionnels en place peuvent être modifiées ou totalement éradiquées.

La clé se situe dans la manière qu’a le cerveau de consolider les expériences émotionnellement chargées (les traduisant en termes mnémoniques) et de pouvoir ensuite, lorsqu’elles sont rappelées, les reconsolider (réintégrer des souvenirs retirés de la mémoire dans le système mnémonique d’une manière qui maintienne ou modifie ces souvenirs). Les expériences sont consolidées dans la mémoire de travail en quelques secondes, puis dans la mémoire à court terme en quelques minutes ou quelques heures par la synthèse de protéines formant des voies synaptiques entre les neurones (la « consolidation synaptique »), un processus dans lequel l’hippocampe sert d’intermédiaire. Avec le temps, ils sont encore consolidés avec d’autres souvenirs (la « consolidation des systèmes »), un processus qui implique le néocortex (Roediger, Dudai et Fitzpatrick, 2007). Les souvenirs sont formés par des systèmes mnémoniques répartis en deux couches fondamentales : les souvenirs implicites et les souvenirs explicites. Les souvenirs implicites n’impliquent pas de rappel conscient de l’évènement. Ils sont plutôt encodés comme des apprentissages comportementaux, des réactions émotionnelles, des perceptions du monde extérieur et des sensations physiques, ainsi que « des généralisations de plusieurs expériences, des résumés de moments vécus en schémas ou modèles mentaux des évènements » (Siegel, 2010). Si les souvenirs implicites ne ramènent pas les expériences précédentes dans la mémoire consciente, ils peuvent en revanche impacter l’expérience présente d’une personne sans que celle-ci ne s’en rende compte. Cela peut être utile ; de fait, le système mnémonique implicite joue un rôle primaire dans notre fonctionnement quotidien, qu’il s’agisse de s’orienter dans une séquence de choix répétitifs sans avoir besoin de chercher une nouvelle solution à chaque choix ou de processus routiniers comme le fait de nouer ses lacets ou de conduire une voiture. Ce sont des choses que nous effectuons sans penser aux étapes qu’elles impliquent ni au moment où nous les avons appris. Nous les faisons, tout simplement, et notre esprit reste libre de vaquer à d’autres considérations.

Les souvenirs explicites impliquent le fait de se rappeler consciemment de faits et d’évènements. D’abord encodés dans l’hippocampe, les souvenirs que nous gardons de nos expériences sont ensuite intégrés à la mémoire autobiographique au niveau du néocortex. Contrairement aux apprentissages émotionnels ou procéduraux qui sont stockés dans le système limbique sous cortical et l’hémisphère cortical droit, la mémoire explicite est plus flexible. Elle nous offre l’échafaudage de faits qu’est notre compréhension du monde, en plus de tisser en un ensemble des regroupements de pièces de notre puzzle autobiographique. Autrement dit, la mémoire implicite nous fournit les pièces du puzzle et la mémoire explicite les assemble en images d’ensemble plus complètes. (Siegel, 2010).

En revanche, lorsqu’un souvenir est basé sur un traumatisme ou une autre expérience pénible, il se peut que cette intégration des systèmes mnémoniques implicite et explicite n’ait pas lieu. Ecker et al. (2012) expliquent que les souvenirs implicites d’évènements à forte charge émotionnelle peuvent en fait « sous-tendre et générer » une grande partie des symptômes que présentent les patients en psychothérapie, dont des symptômes souvent attribués à des facteurs génétiques ou autres, tels que la dépression. Ils avancent que le système mnémonique implicite génère des modèles mentaux cohérents qui « sont profondément chargés de sens vis-à-vis d’expériences concrètement vécues et sont complètement adaptatifs dans leur manière d’incarner les efforts faits par l’individu pour éviter la souffrance et assurer son bien-être ». Selon eux, il vaut mieux comprendre les symptômes en termes de modèles mentaux reflétant « des efforts adaptatifs et cohérents » émergeant du passé plutôt que dans les termes pathologisants qui sont employé dans une grande partie des documents cliniques. Cependant, quand ces modèles s’imposent dans des circonstances nouvelles, ils sont souvent handicapants et nocifs, et ils sont à ce titre susceptibles de devenir la cause de toute une gamme de difficultés psychologiques.

 Le coût des souvenirs non-traités

Les souvenirs corporels et les apprentissages implicites peuvent influencer nos perceptions, nos pensées et nos comportements de telle manière qu’ils provoquent l’apparition de symptômes psychologiques ou entravent d’une autre manière la capacité de l’individu à réussir, et ils ont tendance à être persistants. Au demeurant, si l’expérience qui a généré le souvenir implicite est couplée à une expérience qui s’oppose aux principaux modèles mentaux de la personne, ce conflit pourrait devenir conscient sur la forme d’une rumination, de mises en scènes imaginaires de ce qui aurait pu être fait différemment ou de rêves. Le sommeil et le rêve font partie des moyens qu’a le cerveau pour tenter de réconcilier les souvenirs implicites et les expériences qui les remettent en question (Walker et Van Der Helm, 2009). Les activités mentales conscientes et inconscientes convergent pour comprendre le sens des expériences perturbantes, pour les mettre en perspective avec les précédentes expériences du même genre et pour tenter de trouver des enseignements à utiliser dans le cas où une situation de ce genre se présenterait à nouveau. (à suivre dans le numéro 8 de la revue Santé, Science et Conscience qui sort le 10 décembre 2016).

[1] Cet article à été réalisé à partir d’une publication parue aux USA dans Energy Psychology, en novembre 2012 sous le titre « What Does Energy Have to Do With Energy Psychology? » avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur.

[2] Pour trouvez votre exemplaire vous pouvez utiliser ce site : http://www.trouverlapresse.com.

 



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